À la croisée des chemins

Enchevêtrement explore l’ambiguïté inhérente au processus créatif en privilégiant l’aléatoire au détriment du sujet. Son caractère organique et inachevé rend hommage à l’expressionnisme abstrait, en particulier la pratique du dripping popularisé par Jackson Pollock. L’enchevêtrement de filaments de couleurs rappelle aussi le réseau des prolongements des neurones et des axones.

Dans un autre ordre d’idées, Enchevêtrement s’inscrit dans le courant de réflexion philosophique reliée à la mécanique quantique. En particulier à la théorie des probabilités où l’existence d’un phénomène est liée à l’expérience du spectateur où deux états contradictoires coexistent (le paradoxe du chat de Schrödinger). L’ambivalence de l’œuvre — tableau, sculpture ou tissage — invite le spectateur à s’interroger sur la superficialité des classifications et des genres (beaux-arts ou métiers d’art) et d’accepter l’existence d’états simultanés et des univers multiples.